Dans un contexte marqué par la baisse du niveau du lac Kivu, la persistance de la saison sèche et les effets du changement climatique sur les ressources hydriques, auxquels s’ajoutent les conséquences de la mauvaise gestion des déchets, la Société nationale d’électricité (SNEL), Direction régionale du Sud-Kivu, redouble d’efforts pour préserver le fonctionnement de la centrale hydroélectrique de Ruzizi I et maintenir l’approvisionnement en énergie électrique des populations desservies.
C’est pour mieux appréhender les réalités techniques auxquelles elle est confrontée que la Direction régionale de la SNEL Sud-Kivu, conduite par son directeur, l’ingénieur Jovy Mulemangabo, a organisé, ce vendredi 16 octobre 2026, une descente au barrage de la centrale hydroélectrique de Ruzizi I. Cette visite a réuni des journalistes de la ville de Bukavu ainsi que des acteurs de la société civile, invités à constater de visu les contraintes qui pèsent sur la production électrique et les efforts consentis par les équipes techniques pour y faire face.
Des déchets qui entravent le fonctionnement des installations
Le constat dressé sur place est particulièrement préoccupant. Les déchets ménagers abandonnés dans les caniveaux sont entraînés par les eaux de ruissellement jusqu’au lac Kivu, puis vers les installations de captage de la centrale. Ces matières obstruent notamment les grilles de protection et peuvent atteindre des équipements sensibles, dont la bâche spirale, compromettant ainsi les conditions normales de fonctionnement des groupes de production.
Face à cette situation, les équipes techniques de la SNEL sont contraintes de procéder périodiquement à des opérations de dégrillage et de nettoyage, nécessitant parfois l’arrêt temporaire de certains groupes turbo-alternateurs. Ces interventions, indispensables à la préservation des équipements et à la continuité du service, peuvent réduire momentanément la capacité de production et accentuer les difficultés d’alimentation du réseau de distribution, avec des répercussions sur la desserte des abonnés.
Prenant la parole devant les journalistes et les représentants de la société civile, l’ingénieur Jovy Mulemangabo, directeur régional de la SNEL Sud-Kivu, a souligné les contraintes auxquelles l’entreprise doit faire face pour assurer le fonctionnement de ses installations, malgré les perturbations liées à l’accumulation des déchets et aux conditions hydrologiques défavorables.
La baisse du niveau du lac Kivu, une contrainte supplémentaire
À ces difficultés s’ajoute la baisse du niveau du lac Kivu, observée dans un contexte de sécheresse saisonnière et de perturbations climatiques. La disponibilité de la ressource en eau constitue un paramètre essentiel pour la production hydroélectrique. Lorsque les conditions hydrologiques deviennent moins favorables, la centrale doit composer avec des contraintes supplémentaires, alors même que les besoins en électricité des ménages, des entreprises et des services essentiels demeurent importants.
Le changement climatique, susceptible de modifier les régimes de précipitations et l’équilibre des ressources en eau, constitue ainsi un enjeu de vigilance pour le secteur hydroélectrique. Toutefois, la baisse du niveau du lac et les perturbations de la production ne sauraient être attribuées à un facteur unique : les conditions hydrologiques, l’évolution saisonnière des apports en eau et l’encombrement des installations doivent être considérés conjointement.
Dans ce contexte exigeant, la SNEL Sud-Kivu poursuit ses interventions techniques afin de préserver ses équipements, de limiter les interruptions évitables et de maintenir, autant que possible, la desserte en énergie électrique à Bukavu, à Goma et dans les zones environnantes relevant de son réseau.
Un travail technique salué par la société civile
Appuyant les explications du directeur régional, Liévin Cizungu, chef de production à la centrale hydroélectrique de Ruzizi I, a mis en lumière les perturbations provoquées par les déchets qui atteignent les installations. Leur accumulation impose des opérations de nettoyage et de maintenance qui mobilisent les équipes techniques et peuvent affecter les conditions de fonctionnement de la centrale.
Au terme de cette descente, les acteurs de la société civile ayant accompagné la SNEL ont salué le travail accompli par ses équipes dans un environnement marqué par de multiples contraintes. Ils ont reconnu les efforts fournis pour assurer la disponibilité de l’énergie électrique au bénéfice des populations de Bukavu, de Goma et de leurs périphéries.
Dans le même élan, ils ont fermement condamné les pratiques préjudiciables au bon fonctionnement du service public de l’électricité, notamment le rejet anarchique des déchets, les raccordements frauduleux, les actes de vandalisme visant les infrastructures électriques ainsi que l’achat de crédits de prépaiement auprès de plateformes ou d’applications non officiellement reconnues.
Cette prise de position rappelle que la préservation du service électrique ne relève pas exclusivement de l’action de la SNEL. Elle exige également une responsabilité collective, une discipline citoyenne et une protection rigoureuse des infrastructures dont dépend une partie importante de l’activité économique et sociale de la région.
La SNEL rappelle les points officiels d’achat des crédits de prépaiement
Par ailleurs, la Direction régionale de la SNEL Sud-Kivu rappelle à son aimable clientèle que les crédits de prépaiement électrique à Bukavu doivent être achetés auprès des guichets officiels reconnus par l’entreprise.
Les points de vente mentionnés sont les suivants : Nyawera, La Botte, Nguba/Frontière, Mont Kahuzi, Hôpital général, Vamaro, Hippodrome, Industriel et Kadutu/Kiyalala, ainsi que le point de vente de Kamanyola.
La SNEL invite donc ses abonnés à privilégier ces circuits officiels afin de sécuriser leurs transactions et d’éviter les désagréments liés aux plateformes non reconnues.
Au-delà de cette visite de terrain, le message est sans équivoque : la continuité de la desserte électrique repose à la fois sur les efforts des techniciens, la maintenance des ouvrages, la préservation des ressources hydriques et le comportement responsable des citoyens. Protéger le lac Kivu, garder les caniveaux propres et respecter les infrastructures électriques, c’est aussi contribuer à la sauvegarde de la centrale hydroélectrique de Ruzizi I et à la pérennité du service public de l’électricité au Sud-Kivu.




