À la veille de la rentrée scolaire prévue ce mardi 1er septembre, la détresse gagne de nombreux parents à Bukavu. Entre les frais scolaires, les fournitures et les dépenses quotidiennes devenues de plus en plus lourdes, certains parents contactés par la Radio communautaire POUVOIR FM disent ne plus comprendre le silence de leurs représentants au Parlement.
Selon eux, alors que la conjoncture économique se dégrade, leurs élus, principalement ceux qui séjournent à Kinshasa et certains même à l’étranger, semblent avoir perdu le contact avec les réalités de leurs électeurs.
La polémique est d’autant plus vive que les députés nationaux ont notamment pour mission de représenter la population, de voter les lois et de contrôler l’action du Gouvernement. Pour ces parents, cette représentation ne devrait pas se limiter aux hémicycles et aux déclarations politiques.
Elle devrait également se traduire par des initiatives et des interpellations en faveur des secteurs qui touchent directement la population, notamment l’éducation, alors que de nombreuses familles peinent à assurer la rentrée scolaire de leurs enfants.
Dans les rues de Bukavu, certains parents dénoncent surtout ce qu’ils considèrent comme une déconnexion entre les élus et leur base. Ils s’interrogent sur la multiplication des fondations qui interviennent régulièrement dans les obsèques et l’assistance funéraire, pendant que le secteur éducatif semble relégué au second plan.
« Nos enfants aussi ont besoin d’être soutenus », lâche un parent, estimant que les fondations des élus devraient également investir dans l’éducation, les fournitures scolaires et l’accompagnement des élèves les plus vulnérables.
Contacté par notre rédaction, l’un des élus concernés a indiqué être actuellement en dehors du pays, tout en précisant que sa fondation continue de fonctionner.
Une réponse qui ne convainc pas totalement certains parents, qui estiment que la présence d’une fondation sur le terrain ne saurait remplacer le rôle politique d’un élu appelé à porter les préoccupations de sa population.
Pour eux, les structures qui se veulent proches des communautés devraient aussi faire de l’éducation une priorité, au lieu de laisser ce secteur aux oubliettes.
Un habitant de Bukavu, qui n’a pas souhaité indexer personnellement les députés provinciaux du Sud-Kivu, estime toutefois que le problème dépasse les seuls députés nationaux. Selon lui, certains élus provinciaux seraient eux aussi confrontés à un sérieux problème de proximité avec leur base
« Ils ne décrochent plus leurs électeurs, Ils ont coupé le cordon ombilical avec la population qui les a élus. »a-t-il martelé
À l’heure où les familles de Bukavu s’apprêtent à envoyer leurs enfants à l’école ce Mardi 1er Septembre dans un contexte économique difficile, la question demeure donc entière !
Où sont passés les élus lorsque leurs électeurs ont le plus besoin de leurs voix ?
Rédaction




