Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État,
Après Dieu, c’est vers vous que se tourne le regard du peuple congolais. Vous incarnez à la fois l’autorité, la dignité et l’orientation de la Nation. À ce titre, chaque parole prononcée en votre nom, chaque personnalité associée à votre pouvoir engage directement votre image ainsi que celle de l’État.
C’est pourquoi le silence face à certaines dérives devient aujourd’hui préoccupant.
Les sorties médiatiques répétées de André Mbata, marquées par leur légèreté, leur arrogance et un manque évident de hauteur, constituent une atteinte à l’intelligence collective et portent préjudice à la crédibilité de la parole publique. Il ne s’agit plus simplement d’erreurs de communication, mais d’une inquiétante incapacité à incarner la responsabilité liée à une parole d’État.
Excellence,
On ne s’improvise pas homme d’État. On le devient à travers le parcours, l’histoire, les épreuves et la compréhension du poids des responsabilités publiques. Or, il apparaît clairement que certains, propulsés sans véritable légitimité, confondent position et compétence, visibilité et valeur.
Quel est le parcours de cet homme ? Quelle contribution a-t-il apportée à la construction de ce pouvoir ? Quelle légitimité peut-il revendiquer pour s’en prendre à ceux qui, parfois au prix de lourds sacrifices, ont participé à l’édification de la majorité présidentielle ?
Il est préoccupant de constater qu’une telle posture, faite de dénigrement et de mépris, puisse s’exprimer tout en se réclamant de votre autorité. Une attitude qui traduit non seulement un manque de reconnaissance, mais aussi une immaturité politique manifeste. Plus grave encore, certaines prises de position tendant à s’arroger un rôle de contrôle, notamment au sein de l’Union sacrée de la Nation, laissent entrevoir une dérive préoccupante et une volonté d’appropriation de prérogatives qui ne relèvent pas de sa compétence.
Excellence Monsieur le Président,
L’histoire enseigne que ce ne sont pas toujours les adversaires qui fragilisent un pouvoir, mais bien ceux qui l’entourent sans en comprendre la portée. Ceux qui ne partagent ni les racines du combat ni la mémoire des sacrifices consentis deviennent, malgré eux, des facteurs d’affaiblissement de l’autorité qu’ils prétendent servir.
Les opportunistes, les acteurs de circonstance, ceux qui bénéficient sans avoir contribué, finissent par altérer la crédibilité de l’action publique. Ils ne construisent pas : ils exploitent, déforment et, à terme, discréditent.
Il devient dès lors essentiel, Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, que vos choix s’orientent vers des profils à la hauteur des responsabilités, car s’entourer de personnes inadéquates revient à fragiliser l’autorité que vous incarnez.
Excellence,
Il est temps de mettre un terme à ces dérives. Il est temps de rappeler à l’ordre, avec fermeté, ceux dont les attitudes portent atteinte à votre image et à la crédibilité de l’action publique. Gouverner, c’est aussi savoir corriger et, si nécessaire, écarter ceux qui deviennent un poids pour l’exercice du pouvoir.
Le peuple congolais ne comprendrait pas que de tels comportements continuent sans réaction appropriée.
Veuillez agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, l’expression d’une interpellation respectueuse, mais ferme, guidée par le souci de préserver l’honneur et la crédibilité de votre haute fonction.
Fait à Kinshasa, le 18 avril 2026
Paulin MULUME




