À Mwenga, au Sud-Kivu, le projet « Femmes en Action » change la donne. PIFEVA et ACCB ont annoncé samedi 13 juin 2026 que 133 lettres de cession ont déjà été signées, donnant officiellement des parcelles à des femmes et jeunes filles. Objectif ,sécuriser leurs droits fonciers face au changement climatique, ont fait savoir M. Gabriel Beghani, chargé de l’égalité, genre et inclusion au sein de l’organisation Pilier aux Femmes Vulnérables Actives, PIFEVA et Madame Marie Bwami de ACCB/CFLEED.
Des terres, mais aussi des titres
Devant la presse, Marie Bwami, coordinatrice de l’ACCB, a détaillé les volets du projet financé par le gouvernement canadien, la fondation Paul Gérin – La Joie et l’Institut Goodall (JGI) : agriculture, élevage, apiculture et alphabétisation.
« Nous accompagnons les femmes et les jeunes filles dans l’accès, l’obtention et la sécurisation des terres. C’est une réponse directe aux effets du changement climatique », a-t-elle expliqué.
Contrat social et masculinité positive pour garantir les droits fonciers
Les responsables du projet ont également présenté les mécanismes mis en place pour favoriser l’accès des femmes, y compris les femmes autochtones, à la terre et à leurs droits fonciers.
La première approche repose sur un contrat social signé par les autorités coutumières, les autorités administratives, les services de sécurité ainsi que d’autres acteurs communautaires. Ce document met notamment l’accent sur le droit à la propriété et à la jouissance des ressources naturelles.
La seconde approche est celle de la « masculinité positive », qui vise à lutter contre les stéréotypes et les comportements qui conduisent à la violation des droits des femmes. Les organisations travaillent ainsi avec des hommes sensibilisés à l’égalité des droits entre les femmes et les hommes afin d’encourager un changement durable des mentalités.
133 lettres de cession déjà enregistrées
Revenant sur les résultats déjà obtenus, Marie Bwami a souligné que les efforts de sensibilisation ont permis d’obtenir l’adhésion d’un nombre important de familles.
« À ce jour, nous avons déjà enregistré 133 lettres de cession par lesquelles des parents ont officiellement attribué des terres à leurs filles », a-t-elle indiqué.
Présent à cette conférence de presse en qualité de représentant du Mwami Kalenga Riziki Lwango Lucien de la chefferie de Basile, M. Wilondja Mukungilwa a salué l’impact du projet dans la région.
Selon lui, il s’agit d’une initiative pionnière qui ouvre davantage de perspectives aux femmes et aux jeunes filles en matière d’accès à la terre dans la chefferie de Basile et dans l’ensemble du territoire de Mwenga.
« Nous remercions les deux organisations pour avoir offert aux filles et aux femmes de Mwenga l’opportunité d’accéder à la terre. Toutefois, l’attribution d’une parcelle ne suffit pas. Il est également nécessaire de les accompagner dans l’obtention de titres fonciers afinqu’elles puissent jouir pleinement et légalement de leurs droits sur ces terres », a-t-il déclaré.
Vers l’autonomisation économique et la résilience climatique
À travers ces différentes actions, le projet « Femmes en Action » entend contribuer à l’autonomisation économique des femmes tout en renforçant leur résilience face aux défis environnementaux et climatiques qui affectent les communautés du territoire de Mwenga.
Trésor Kyembwa



