La décision du ministre national de l’Enseignement supérieur et universitaire (ESU) de suspendre, pour l’année académique 2026-2027, le fonctionnement de plusieurs établissements d’enseignement supérieur dans les villes de Goma et de Bukavu, sous administration de l’AFC/M23, suscite de vives préoccupations au sein de la société civile.
Le président de la Société civile, Samy Jean Takimbula, exprime son profond regret et dénonce une mesure dont les conséquences, selon lui, risquent de compromettre lourdement l’avenir de milliers de jeunes.
Dans sa démarche, il met en avant la nécessité de défendre l’éducation au-delà des clivages politiques et salue la perspective d’un règlement pacifique portée notamment par l’accord de Doha.
D’après les estimations avancées par Samy Jean Takimbula, près de 44 000 étudiants des établissements publics de Goma et de Bukavu pourraient être directement concernés par cette suspension, avec le risque de voir leur année académique compromise.
À Bukavu, les effectifs estimés concernent notamment l’UOB, l’ISP, l’ISTM, l’ISC, l’ISTA, le SAM et l’ISDR. À Goma, les établissements cités sont l’UNIGOM, l’ISP, l’ISTM, l’ISC et l’ISTA.
« Après avoir lu cette décision du ministre de l’ESU, j’ai mené des recherches pour mesurer concrètement son impact. Ce sont des milliers de jeunes qui risquent de perdre une année entière de leur parcours universitaire », déplore-t-il.
Face à cette situation, le président de la Société civile appelle les élus de Goma et de Bukavu à sortir de leur silence et à engager, sans délai, des démarches parlementaires auprès du gouvernement afin d’obtenir le réexamen de cette décision.
Il rappelle que bon nombre d’étudiants concernés ont déjà acquitté leurs frais académiques, engagé des dépenses liées au logement et quitté leurs milieux d’origine pour poursuivre leurs études.
« L’éducation en République démocratique du Congo est apolitique. Elle ne doit jamais devenir une victime des affrontements politiques ou militaires », martèle Samy Jean Takimbula.
La Société civile affirme par ailleurs avoir été saisie par des représentants de la composante Éducation, notamment des professeurs d’établissements publics et privés et des chercheurs, ainsi que par des représentants de la jeunesse et des collèges des étudiants.
Dans un contexte marqué par la fragilité du parcours académique de nombreux jeunes, la prise de position de Samy Jean Takimbula apparaît comme un plaidoyer assumé en faveur de la protection de l’éducation.
En dénonçant publiquement ce qu’il considère comme une décision préjudiciable à la jeunesse, le président de la Société civile réaffirme le rôle de veille citoyenne de son organisation et encourage les acteurs politiques à privilégier l’intérêt général. Il invite également les organisations non gouvernementales du secteur éducatif et la communauté internationale à se mobiliser.
« Nous demandons aux belligérants, notamment l’AFC/M23 et le gouvernement congolais, de penser à l’avenir de la jeunesse et de tout mettre en œuvre pour éviter de sacrifier son éducation », conclut-il.
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