Les habitants du quartier Cahi, situé dans la commune de Bagira à Bukavu, lancent un cri d’alarme face à la persistance de la pénurie d’eau potable qui affecte leur entité depuis plusieurs années.
Dans une correspondance adressée au Directeur provincial de la REGIDESO/Sud-Kivu, exploitée par lesouverainlibre.info , les représentants des établissements scolaires, des structures sanitaires, des confessions religieuses ainsi que de la société civile dénoncent une situation devenue préoccupante pour plus de 175 000 habitants.
Les signataires rappellent qu’un espoir était né avec la mise en œuvre du projet « Immagine », exécuté par Mercy Corps. Cette initiative avait permis l’installation de sept bornes-fontaines alimentées par la source de Mazigiro, encourageant de nombreux ménages à souscrire des abonnements dans l’espoir d’en finir avec le manque d’eau potable.
Cependant, selon eux, depuis 2021, ces installations ne fournissent plus la moindre goutte d’eau. « Aucune goutte d’eau ne sort de ces robinets jusqu’à ce jour », déplorent-ils dans leur lettre.
À cette pénurie s’ajoute, affirment-ils, la réception régulière des factures de la REGIDESO pour un service dont ils ne bénéficient pas.
Les habitants évoquent également de lourdes conséquences sécuritaires et sanitaires. Ils font état de plusieurs cas d’enlèvements, de violences sexuelles et de noyades d’enfants partis à la recherche d’eau. Ils alertent en outre sur la recrudescence du choléra et d’autres maladies d’origine hydrique, une situation qui menace le fonctionnement de certaines structures sanitaires du quartier.
Les requérants soulignent par ailleurs que les conduites destinées à alimenter Cahi traversent la route Essence–Maria Kachelewa pour desservir d’autres quartiers, notamment Ndendere, renforçant ainsi leur sentiment d’être abandonnés.
Face à cette situation, les habitants de Cahi demandent à la REGIDESO de dépêcher, dans les meilleurs délais, une équipe technique afin d’évaluer la situation sur le terrain et de prendre les mesures nécessaires pour rétablir l’approvisionnement en eau potable, qu’ils considèrent comme un droit fondamental.
En réaction, la REGIDESO reconnaît être informée de cette problématique. Sa chargée de communication, Lumière Singayi, indique que des études sont actuellement en cours en vue de mettre en place un nouveau projet destiné à alimenter le quartier Cahi. Elle précise toutefois que le réseau de Mazigiro ne dispose pas des capacités techniques nécessaires pour desservir cette partie de la ville.
Lesouverainlibre.info/ Héritier Bashige




