Dans un mémorandum adressé au Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ainsi qu’aux membres du Sénat de la République démocratique du Congo, les forces sociales du Sud-Kivu expriment leur profonde inquiétude face à ce qu’elles qualifient de « traitement injuste » infligé à l’honorable Modeste Bahati Lukwebo.
Doublement élu du Sud-Kivu, à la fois comme député national de Bukavu et sénateur représentant la province au niveau national, Modeste Bahati Lukwebo s’est récemment illustré par une sortie médiatique, en date du 4 mars 2026, portant sur plusieurs questions d’intérêt national, notamment celle relative à une éventuelle révision ou modification de la Constitution.

Une prise de position qui, selon les signataires du mémorandum, aurait suscité des réactions jugées disproportionnées et contraires aux principes démocratiques.
Portées par la société civile et les mouvements citoyens, les voix du Sud-Kivu dénoncent ce qu’elles considèrent comme une atteinte grave aux libertés fondamentales. Elles estiment que les pressions exercées à l’encontre de ce leader politique vont à l’encontre des instruments juridiques nationaux et internationaux, notamment la Déclaration universelle des droits de l’homme et la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, ainsi que des dispositions constitutionnelles congolaises et du règlement intérieur du Sénat.

Les auteurs du mémorandum s’interrogent également sur les conséquences d’un tel précédent : « Si un responsable politique de cette envergure peut subir un tel traitement, qu’en est-il du citoyen ordinaire ? », s’inquiètent-ils. Pour eux, cette situation soulève des doutes sérieux quant à la protection effective des droits et libertés en République démocratique du Congo.
Par ailleurs, dans cette déclaration lue par Mick Mutiki du cadre de concertation de la société civile du Sud-kivu, les forces sociales dénoncent une campagne de désinformation alimentée sur les réseaux sociaux, impliquant certains acteurs politiques, notamment issus de l’Union pour la démocratie et le progrès social. Elles regrettent les accusations, jugées infondées, associant Modeste Bahati Lukwebo à des intérêts étrangers ou à des dossiers sensibles tels que ceux liés à des entreprises ou à des groupes armés, sans preuves tangibles. Une situation qui, selon elles, renforce l’impression d’une « chasse ciblée » contre certains leaders du Sud-Kivu.
S’adressant directement aux sénateurs, les signataires du document rappellent la noblesse de leur institution, souvent désignée en swahili comme « Baraza la Wazee », c’est-à-dire « Conseil des sages ». Ils les exhortent à préserver leur unité et à défendre, sans compromis, les principes de solidarité et de protection des droits parlementaires, gages de leur crédibilité et de la dignité de l’institution.
Ils insistent également sur le fait qu’aucun élu ne devrait être inquiété pour ses opinions, rappelant que toute éventuelle procédure à l’encontre de l’honorable Bahati Lukwebo devrait impérativement respecter les textes légaux en vigueur, sans instrumentalisation politique de la justice.
En conclusion, les forces sociales du Sud-Kivu affirment que leur démarche se veut pacifique et citoyenne. Elle vise avant tout à renforcer la démocratie, préserver la paix sociale et encourager la stabilité des institutions dans un contexte national marqué par de nombreux défis. Elles appellent ainsi les autorités à privilégier le dialogue et la responsabilité politique, plutôt que les règlements de comptes, afin de préserver l’esprit républicain et l’unité nationale.




