La surfacturation des prestations médicales dans certaines structures sanitaires privées suscite de vives préoccupations au sein de la population du groupement de Mudusa, en territoire de Kabare, au Sud-Kivu. Préoccupée par cette situation, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI), noyau de Mudusa, plaide pour un renforcement des mécanismes de contrôle afin de garantir le respect des normes sanitaires et des tarifs réglementaires.
Dans une communication parvenue à Estnews.info ce vendredi, le président de cette organisation citoyenne dénonce la prolifération de plusieurs établissements sanitaires privés, notamment des centres hospitaliers, centres médicaux, centres de santé, dispensaires et pharmacies qui, selon la NDSCI, exerceraient leurs activités sans être préalablement enregistrés auprès de la Zone de santé de Nyantende.
L’organisation déplore que certaines de ces structures tireraient profit de la précarité des conditions de vie des populations, exacerbée par les crises sécuritaire, économique et financière, pour appliquer des tarifs médicaux jugés excessifs, accentuant ainsi les difficultés d’accès aux soins de santé.
Face à ces dérives présumées, la NDSCI sollicite l’intervention des autorités compétentes, particulièrement celle du médecin chef de zone de Nyantende, en vue d’une harmonisation des tarifs, tenant compte de la qualité des prestations médicales, de la conformité des infrastructures et des exigences sanitaires en vigueur. Elle insiste également sur l’obligation d’obtenir un enregistrement officiel avant toute ouverture ou mise en service d’un établissement sanitaire.
Par ailleurs, cette structure citoyenne fustige les pratiques de certaines formations sanitaires consistant à conditionner la prise en charge des malades au versement préalable d’une somme d’argent à titre de caution. Pour la NDSCI, l’accès aux soins ne devrait en aucun cas être compromis par l’incapacité d’un patient à s’acquitter immédiatement des frais exigés.
Réagissant à ces accusations, certains responsables des structures sanitaires de Mudusa les réfutent et soutiennent exercer leurs activités dans le respect des dispositions établies par la Zone de santé de Nyantende.
« Nous faisons payer uniquement le test de diagnostic rapide (TDR) aux patients, car nous ne bénéficions pas d’un appui de la Zone de santé pour cette prestation », explique, sous couvert d’anonymat, le responsable d’une structure sanitaire.
Pour sa part, le médecin chef de zone de Nyantende, le docteur Jean-Paul Karumba, précise que les structures sanitaires publiques appliquent un système de tarification forfaitaire, négocié avec les communautés locales.
Il reconnaît néanmoins avoir connaissance de l’existence de certains établissements qui exerceraient sans se conformer aux normes sanitaires requises. À cet effet, il indique que les autorités compétentes ont déjà été saisies et qu’une opération d’identification de ces structures est envisagée, en vue de déterminer les mesures appropriées à prendre.




