Le Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu (BCSC-SK) a exprimé sa profonde indignation face aux récents bombardements survenus dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, qui ont frappé plusieurs zones densément peuplées, notamment Goma, Rubaya et Sake au Nord-Kivu, ainsi que Minembwe, Point Zéro et Mikenge au Sud-Kivu.
Selon l’organisation, ces attaques ont causé des pertes en vies humaines importantes, des blessés graves et d’énormes traumatismes au sein des populations, contraignant également de nombreuses familles à fuir leurs habitations pour chercher refuge ailleurs.
« Ces frappes ont causé des pertes humaines inacceptables, des blessures graves et des traumatismes psychologiques, poussant des milliers de familles sur les routes de l’exil interne. Il s’agit d’une véritable atteinte à la dignité humaine », a déclaré Samy Jean Takimbula K., président faisant fonction du BCSC-SK.
Le Bureau de coordination a également déploré la mort tragique de Madame Karine Buisset, humanitaire de l’UNICEF, tuée lors d’une frappe de drone à Goma alors qu’elle accomplissait sa mission au service des populations vulnérables.
Pour Samy Jean Takimbula, cette disparition illustre la gravité des attaques visant aussi bien les civils que les acteurs humanitaires. « La mort de Karine Buisset est un symbole cruel de l’impunité qui entoure les attaques contre les humanitaires et les civils innocents. Les auteurs doivent être identifiés et traduits en justice », a-t-il insisté.
Des violations du droit international humanitaire
Le BCSC-SK rappelle que ces bombardements constituent non seulement une violation du cessez-le-feu, mais aussi une atteinte aux principes fondamentaux du droit international humanitaire. Parmi ces principes figurent notamment celui de distinction, qui exige de différencier les civils des combattants et de protéger les objectifs civils, ainsi que le principe de proportionnalité, qui interdit les attaques susceptibles d’entraîner des pertes excessives parmi la population civile.
L’organisation insiste également sur l’obligation de garantir la protection du personnel humanitaire, engagé dans l’assistance aux populations affectées par les conflits. « Ce qui se passe dans nos villages et nos villes est inacceptable et constitue un crime de guerre au regard du Statut de Rome », a dénoncé Rose Muhindo, membre active du BCSC-SK. « Chaque bombardement sur Goma, Rubaya ou Minembwe représente un affront aux valeurs humaines et interpelle la responsabilité de la communauté internationale. »
Des recommandations pour faire face à la crise
Face à cette situation préoccupante, la Société civile du Sud-Kivu appelle les parties en conflit à cesser immédiatement les bombardements et à respecter le cessez-le-feu. Elle les exhorte également à faciliter l’accès de l’aide humanitaire aux populations affectées et à privilégier la voie du dialogue pour mettre fin aux hostilités.
Le Bureau encourage par ailleurs les facilitateurs et médiateurs à promouvoir un processus de paix inclusif, impliquant notamment les femmes, les jeunes et les leaders communautaires dans les discussions. Il appelle aussi la communauté internationale à soutenir activement les initiatives de paix et à mener des enquêtes crédibles afin d’identifier les responsables de ces bombardements.
La population est, quant à elle, invitée à rester vigilante, à signaler toute présence de munitions non explosées et à se référer aux informations officielles pour éviter la propagation de rumeurs et de panique. Les organisations humanitaires sont également encouragées à renforcer leur assistance en faveur des populations les plus vulnérables, notamment à travers la fourniture d’abris, de nourriture et de soins de santé d’urgence.
Un appel pressant à la protection des civils
Pour le Bureau de Coordination de la Société Civile du Sud-Kivu, la protection des civils et des acteurs humanitaires doit demeurer une priorité absolue. « Nous ne pouvons rester silencieux face à ces atrocités. Les responsables de ces violations doivent répondre de leurs actes afin que de tels drames ne se reproduisent plus », a conclu Samy Jean Takimbula .
Le BCSC-SK réaffirme enfin sa détermination à défendre les droits et la dignité des populations civiles dans l’Est de la République démocratique du Congo et appelle l’Union africaine, les Nations unies ainsi que l’ensemble de la communauté internationale à prendre des mesures urgentes et concrètes pour mettre fin aux bombardements.
Rédaction



