La ville de Kinshasa traverse en ce mois de février 2026 une période pluvieuse. Une majeure partie habitée de la capitale kinoise se trouve sur un relief plat, s’il faut citer les principales communes comme la Gombe, Kintambo, Ngaliema, Lingwala, Limete, Kasavubu, Nsele, Kingasani et bien plus.
Sous la pluie, dans la commune de Kintambo par exemple, le monde change d’un coup. Bibiche, femme au foyer et mère de 4 enfants nous raconte : « Quand il pleut ici, l’eau monte progressivement dans la parcelle, selon que l’eau est abondante. Quand la pluie dure, ce qui arrive souvent, l’eau atteint le niveau des escaliers et finit par entrer dans la maison. Vous n’imaginez pas le calvaire que nous connaissons à ce moment-là. Comme il y a deux semaines, nous avons dû nous sauver de la maison par la fenêtre avec les enfants, alors que j’avais des soucis de santé. »
La citation « Après la pluie, vient le beau temps » ne se vérifie pas dans plusieurs coins de Kinshasa. Dans la commune de Kalamu par exemple, c’est le chaos après la pluie pour ceux qui habitent les environs de la rivière Kalamu, ce cours d’eau qui traverse ladite commune.
Elysée Kapinga, étudiante à l’Institut Supérieur de la Gombe nous explique : « Dès que la pluie menace, nous cherchons tout de suite à vider nos maisons, comme si c’était une guerre qui s’annonce. Si c’est la nuit, nous ne pouvons fermer l’œil. Facilement, l’eau de la Kalamu quitte son lit et se déverse dans notre parcelle avant d’entrer très facilement dans la maison et de faire des dégâts. Même après la pluie, nous nous trouvons comme sur une île, pas moyen de sortir. C’est seulement il y a un mois que mon oncle nous a donné une pirogue. C’est elle qui nous sert à traverser les eaux du lac artificiel qui se crée chez nous. »

C’est quasi impuissamment que les décideurs assistent à ces scènes désolantes, car rien de concret n’a été fait pour y pallier. Experte en environnement, Denise Mwanga essaie de nous expliquer : « La quantité d’eaux qui tombe sur la partie Ouest de la RDC, et donc de Kinshasa, est en augmentation depuis les trois dernières années.
Cette tendance est en lien avec le réchauffement climatique. Associez à cela la forte densité démographique dans les communes concernées. L’explosion des bouteilles plastiques contribue à gonfler le débit des cours d’eau, ce qui facilite les inondations. Le sol de Kinshasa se trouve aussi marécageux dans plusieurs coins, ce qui rend faible ou même impossible l’infiltration des eaux de pluie. Celles-ci ne se contentent que de l’évaporation par la chaleur solaire pour disparaître, sauf quand les habitants font recours à des moyens mécaniques. »
La problématique du drainage des eaux s’impose désormais parmi les questions liées au bien-être de la population. Étant une mégapole avec près de 15 millions d’habitants, une réflexion sérieuse mérite d’être élaborée sur la question pour le bien de la génération actuelle et de celles à venir.
Joseph Bahati.




